Centre du Sport et de la Jeunesse de Corse : un nouveau palier L’institution créée en 1994 et reprise sous sa forme actuelle en 2018 par la Collectivité de Corse mise sur l’excellence. Etalé sur six hectares et demi, fort de ses trois Pôles Espoir et ses sept centres régionaux d’entraînement, le CSJC accueille, aujourd’hui, près de 120 jeunes athlètes dans des conditions de travail dignes du très haut niveau. Une structure qui mise l’excellence sportive dans tous les domaines mais aussi l’accueil de délégations nationales, la préparation à des formations aux métiers du sport et de l’animation, des missions d’aide à la performance, des projets de création.
Cerise sur le gâteau, l’obtention, en septembre dernier, du Label Grand Insep permet d’ouvrir grand les portes vers le haut niveau à de jeunes athlètes. Fleuron du sport de haut niveau en Corse, le CSJC travaille dans l’ombre depuis qu’il a été définitivement repris, en 2018, par la Collectivité de Corse. Mais l’ancien CREPS a bien failli disparaître.
Une structure menacée de disparition
Créé en 1994, le CREPS de Corse était déjà voué à l’excellence sportive même si la structure en était, à l’époque, à ses premiers balbutiements. Quelques années plus tard, la structure abritera les Pôles Espoir football et judo, deux disciplines qui verront éclore bien des talents...Mais la réforme du début des années deux mille inquiète vivement le monde sportif insulaire. La fermeture de quatre structures à l’échelle nationale, dont le CREPS de Corse, laisse planer un grand doute. Durant près de 8 ans (2010 à 2018), ce sera l’incertitude la plus totale avec quatre changements de statuts. Si le foncier reste propriété de l’État, l’établissement est géré par la Collectivité de Corse puis un syndicat mixte composé de la CTC et du Conseil Départemental de la Corse-du-Sud. Et c’est depuis 2018 que le CSJC a franchi un palier. En moins de quatre ans, et à la faveur d’un travail de longue haleine des différentes équipes, son évolution est conséquente.
Placée sous les présidences successives de Petru Antò Tomasi et Danielle Antonini, la structure est dirigée, depuis deux ans, par Eric Pasero (ancien handballeur), qui a pris la succession d’Isabelle Feracci. « C’est un travail qui s’est étalé sur plusieurs années, rappelle-t-il, chacun a apporté sa pierre à l’édifice. On s’inscrit dans la continuité avec un organigramme précis et des missions clairement établies. »
Trois missions distinctes du CSJC
Le CSJC se fixe, en effet, trois missions bien distinctes.
L’accompagnement des sportifs insulaires vers le haut niveau
L’une des missions prioritaires du CSJC reste, dans la stratégie qu’il s’est fixée, l’accompagnement des jeunes sportifs insulaires vers le haut niveau. Les trois Pôles Espoir et sept Centres Régionaux d’Entraînements, qui accueillent 188 athlètes (voir par ailleurs), s’inscrivent dans cette démarche. Pour concrétiser ses idées, la structure s’appuie sur la Mission d’Aide à la Performance (MAP) qui consiste à accompagner des athlètes à fort potentiel sportif, scolaire et comportemental identifiés par leurs coachs. « Cette mission, rappelle le directeur, leur offre un accompagnement prioritaire, régulier et individualisé sur les axes suivants : médical, sportif, scolaire, mental et physique. Le but de ce dispositif est d’accompagner ces sportifs vers le plus haut niveau de performance. »
Cette année, quinze jeunes athlètes venus de sept disciplines et âgés de 13 à 17 ans, garçons et filles se sont rendus à l’Insep de Paris pour des tests avec le staff de la structure qui prépare les meilleurs athlètes nationaux pour les plus grandes compétitions internationales. Un accompagnement qui est le fruit de l’obtention du Label Grand Insep, le 8 juin dernier, par le CSJC. « L’obtention ce de Label, qui répond à un cahier des charges très strict, constitue un tremplin vers le haut niveau. Ce sont des athlètes voués à une carrière professionnelle. Les autres athlètes du Centre, suivent, eux, un parcours d’excellence sportive. »
Autre mission poursuivie par le CSJC, la formation à travers la création d’un Centre de Formation des Apprentis (CFA) dédié aux métiers du sport et de l’animation. Une formation débouchant sur un Diplôme d’État de la Jeunesse, de l’Éducation Populaire et du Sport (DEJEPS) avec la perspective, pour certains, d’intégrer le catalogue d’offres de formation de l’Insep pour les entraîneurs de haut niveau.
La troisième mission et les axes transversaux
Enfin, la troisième mission se décline en trois axes : sport nature et handicap, le Fablab, service à part entière du CSJC depuis 2019 et qui intervient sur le haut niveau et la formation à travers des missions éducatives et un lien avec des établissements scolaires. Et enfin, la mission CSJC Pro qui consiste en l’accueil de délégations de haut niveau (sélections nationales par exemple). « Nous débutons dans cette perspective, ajoute Eric Pasero, mais l’idée c’est d’inclure au volet sportif, une valeur ajoutée de part la richesse culturelle et patrimoniale de l’île. Apporter, à la fois, l’expertise de la haute performance pour ces collectifs et d’y ajouter la mise en valeur du patrimoine. »
Un partenariat avec l’association Ardi, permet de travailler sur la cohésion d’équipe, ce qui fut le cas la semaine dernière avec l’accueil de l’équipe de France féminine de gymnastique à Ajaccio. « En mars prochain, nous accueillerons le Pôle Performance de l’Insep (19 chefs de service) pour faire découvrir la méthode Ardi. En mai, 50 athlètes de l’équipe de France « U17 » de beach handball seront au CSJC. Et enfin, dans le cadre de la mobilité internationale, nous abriterons toujours en mai, un séminaire dans le cadre placé sous l’égide de l’Association Sport Performance Center (ASPC qui regroupe 96 centres dont le CSJC) et recevrons des centres de préparation aux sports de haut niveau venus d’Allemagne, Catalogne, France et Pays-Bas...
Une structure en développement
Concernant les projets, les idées ne manquent pas du côté du CSJC : une structure couverte de beach volley, tennis, soccer, beach-handball sera livrée le mois prochain. Une remise à niveau d’une aire de jeu pour accueillir le footy volley, et répondre aux exigences du haut niveau est prévue. La création de deux terrains de tennis dont un couvert, la réhabilitation du 2e gymnase, le changement de la pelouse synthétique du stade, la création d’un centre d’hébergement supplémentaire et la couverture des terrains de basket en 3-3 figurent parmi les projets 2022.
Sans omettre, à 1000 jours des JO de Paris, le concours du CSJC, nommé Centre de Préparation des JO dont l’objectif sera de participer à la réussite de cette olympiade. De quoi attirer du beau monde au sein de la structure.. Le Creps est mort, vive le CSJC. La réforme du réseau des Creps semble avoir été, au bout du compte bénéfique, avec la naissance du centre du sport et de la jeunesse en Corse (CSJC). Ici, on a tourné la page des polémiques. L'heure est à l'espoir. Sous l’impulsion d'une nouvelle équipe dirigeante et d'un conseil d'administration, la structure connaît une « deuxième jeunesse ».
« Nous sommes contents du chemin parcouru depuis six mois », tranche Isabelle Ferracci, directrice adjointe du CSJC. « Nous essayons d'adapter chaque secteur du Creps à l'évolution », se réjouit Aude Foucault, responsable du pôle administratif et financier. Isabelle Ferracci et Aude Foucault font partie des onze fonctionnaires d'État mis à disposition. Depuis des mois, elles travaillent, sans relâche, pour que cette structure vive, se développe, s'enrichisse. L'arrivée du nouveau président du conseil d'administration a été vécue comme un second souffle. « Il y a eu des mois de flottement... Aujourd'hui, la machine est relancée », assure la directrice adjointe. « On s'en est bien tiré... Nous avons été un des seuls Creps à ne pas fermer ses portes provisoirement ».*
Les chantiers avancent Depuis, les projets bouillonnent, les chantiers avancent, les décisions se multiplient. Exemples : le GFCOA volley, Ligue I, s'entraîne et joue au CSJC, cela a nécessité d'importants travaux ; le projet éducatif s'est enrichi avec de nouvelles activités, d'autres partenariats ; la mise en place d'un pôle karaté ; des ateliers de chants pour les internes, du théâtre, un ciné-club... Et tant d'autres projets en cours. Visiblement, le personnel travaille dans une bonne ambiance. « C'est une sortie par le haut », lance Aude Foucault, fière de mettre son expérience au profit d'un projet constructif. Seul bémol : le nombre de salariés est passé de 35 à 24. « Cela modère notre enthousiasme, mais nous espérons augmenter l'activité de l'outil et donc avoir le personnel nécessaire pour assurer notre mission », rectifie Isabelle Ferracci.
Leur objectif : recentrer le centre sur sa mission d'éducation populaire. Les élus prolongent la régie Il faut dire que depuis 2008, les salariés n'ont pas été épargnés : la suppression du réseau Creps, des polémiques, des interrogations et des craintes ; la reprise en main du dossier par l'assemblée de Corse, un nouveau statut juridique provisoire sous forme de régie... Au final, la naissance du CSJC et un effort particulier de l'État en Corse avec notamment une aide financière annuelle de 400 000 euros sur trois ans. Cette formule juridique provisoire devait permettre de définir le périmètre du syndicat mixte qui devra gérer, sur le long terme, les nouvelles activités de l'établissement régional. Mais échéances électorales obligent, la démarche a pris du retard. C'est la raison pour laquelle, les conseillers territoriaux ont, lors de la dernière session de l'assemblée de Corse, prorogé la durée de la régie jusqu'au 31 décembre prochain. À ceux qui pensaient que la majorité voulait gagner du temps, le président du conseil d'administration Jean-Louis Luciani répond : « Pas du tout, il y a un véritable projet depuis six mois ». Il est vrai que l'année 2010 a été marquée par les élections territoriales et le nouveau conseil d'administration n'a pris ses fonctions qu'en juillet dernier.
Jean-Louis Luciani en convient : « Pris par le temps, contraints par le vote des orientations budgétaires en octobre et en l'absence de réponses de certaines collectivités, nous avons préféré proroger la régie pour créer un syndicat mixte avec l'aval de toutes les collectivités ». L'élu souhaite sortir au plus vite du statut juridique actuel : « Une régie, c'est un fonctionnement a minima. On ne peut pas bâtir ». Une décision actée en mars Jean-Louis Luciani réfute l'idée d'un quelconque blocage : « Les discussions avec le conseil général de Corse-du-Sud ont bien avancé. Elles ont été relancées en décembre dernier avec le conseil général de Haute-Corse. La CAB et la Capa ont été sollicitées mais elles n'ont pas donné de réponse ». Au printemps, la décision d'un syndicat mixte devrait être actée. Jean-Louis Luciani le certifie. Quels seront les partenariats et la participation financière de chacun ? Les discussions sont en cours. Les premiers mois, la structure devrait démarrer avec au moins deux collectivités : la CTC et le CG2A. D'autres partenaires pourraient valider les propositions, en cours d'année. Autre aspect du problème à formaliser : le foncier avec le problème des locaux dont l'État et le conseil général du Sud en revendiquent la propriété. Mais l'équipe dirigeante, habituée aux contrats de performances et aux enjeux sportifs, a bon espoir en l'issue de ces « matches ».
Depuis 1999, le pré-centre de formation de football installé au CREPS à Ajaccio fait son chemin. Tous les ans, ce sont 24 enfants corses, âgés entre 13 et 15 ans, qui sont formés dans ce pré-centre, appelé depuis peu « pôle espoir de football ». L’objectif pour les éducateurs du centre est de préparer les enfants à la formation, en vue de rejoindre un vrai centre de formation d’un club professionnel, tout en continuant un cursus au collège tout à fait normalement. Cette structure permet ainsi aux jeunes footballeurs corses de commencer très tôt leur formation de footballeur, tout en demeurant en Corse. Ce pôle est d’autant plus intéressant que les conditions d’entraînement et d’hébergement sont optimales, avec un staff médical, une équipe d’éducateurs diplômés et un suivi sur toute l’année. Comment fonctionne le pôle espoir corse ? élément de réponse avec Antoine Pireddu, son responsable.
